L’an dernier, le retrait-gonflement argile (RGA) a touché plus de 3 500 communes et les sécheresses récurrentes vont amplifier le phénomène. L’Etat s’en préoccupe car cela va poser des problèmes d’assurance (les dommages dus au RGA ont coûté 3 milliards d’euros en 2023, le coût moyen d’un sinistre RGA est évalué à 16 000 euros par la Cour des comptes). Bon nombre de communes rencontrent d’ores et déjà des difficultés à trouver un assureur. Des actions de prévention vont de plus en plus leur être demandées pour réduire les conséquences préjudiciables du changement climatique. Il faut donc saluer le produit que propose une start-up localisée à La Réunion mais qui propose ses services en métropole (son usine de conception des capteurs est à Montpellier), Feelbat (https://feelbat.fr/), fondée par Jean-Christophe Habot. L’idée lui est venue lors de l’effondrement d’un immeuble à Marseille qui a eu, on s’en souvient, des conséquences dramatiques. Les capteurs que propose Feelbat permettent d’évaluer la fissure apparue sur un immeuble. Il suffit d’installer le capteur à proximité de la fissure (sans avoir besoin de percer, le capteur est collé) et comme le ferait le thermomètre pour le médecin, le capteur analyse la fissure (sa profondeur, son évolution). Pas besoin d’être expert pour lire le résultat de l’analyse sur l’application. A terme très proche, Jean-Christophe Habot espère que le capteur permettra également de définir les travaux qu’il convient d’entreprendre. Le capteur permet également d’apprécier la luminosité d’une façade exposée au soleil et de savoir si cette exposition accentue la fissure. Toute commune ayant une mairie, une école, une église, un équipement sportif ou culturel peut trouver l’utilité au procédé. Toute commune est donc potentiellement intéressée. L’argent ne sera pas un frein car un capteur coûte 320 euros. L’Etat encourage l’initiative puisque Feelbat vient de remporter un appel à projet France 2030 RGA.
On n’en est encore qu’au début des potentialités de ces logiciels. Il existe également des capteurs permettant de mesurer le niveau de la nappe phréatique ou de mesurer l’humidité du sol (jusqu’à 2 mètres de profondeur) ou dans les murs. Autre exemple, l’état des routes est de plus en plus un sujet de préoccupation. Un capteur peut surveiller les murs de soutènement et alerter en cas de dépassement de seuil.
Les solutions proposées ont vocation à s’adresser à tous, collectivités comme particuliers. Mais les 35 000 communes peuvent jouer un rôle moteur.
Carole Diart le 24 juillet 2024 - n°3 de La Lettre des Services Techniques