Concevoir et protéger les bâtiments publics de la chaleur Abonnés
La hausse des températures l’été concerne toutes les régions ; garantir le confort climatique estival des bâtiments (en dessous de 28 °C) devient donc prioritaire.
2. Adopter des solutions d’usage gratuites et efficaces
Ouvrir les fenêtres pendant les heures les plus fraîches de la nuit est efficace. Le pilotage automatique des ouvrants est une possibilité. On peut aussi adapter les horaires de travail l’été, et localiser si nécessaire les pièces les moins fréquentées plus au sud.
3. Agir sur l’environnement d’un bâtiment
Redonner de l’espace au végétal et à l’eau (par une gestion à la parcelle), c’est garantir de la fraîcheur l’été. Des arbres situés à proximité d’un bâtiment lui feront de l’ombre l’été, mais laisseront passer le soleil l’hiver s’ils sont à feuilles caduques. L’utilisation d’enrobé sans liant pétrochimique mais avec liant végétal permet d’infiltrer l’eau dans le sol et donc un rafraîchissement indirect.
4. Protéger les bâtiments
Côté toiture, il faut isoler. On peut aussi utiliser sur les toits bitumineux noirs de la peinture blanche à paillettes qui réfléchit les rayons infrarouges. Côté murs, si les vitrages plein sud sont conseillés pour augmenter les apports l’hiver, l’été nécessite, à défaut d’arbres à proximité, des filtres solaires, films réfléchissants ou brise-soleil orientables et extérieurs, ou encore un traitement moucharabieh (grillage placé devant une fenêtre) pour limiter les apports. Les revêtements, peintures claires ou une végétation grimpante et couvrante sont aussi à prioriser.
5. Utiliser des matériaux écologiques
Certains matériaux écologiques, comme la terre crue ou même le bois associé à un isolant biosourcé (paille, laine de bois…), contribuent à remplir les objectifs de la RE2020 grâce à leur inertie pour le confort d’été. Les matériaux biosourcés faiblement carbonés, par leur nature et leurs caractéristiques, présentent de nombreux avantages pour répondre aux exigences de la RE2020.
D’un point de vue technique, les matériaux biosourcés présentent des performances équivalentes voire supérieures aux matériaux de construction classiques. Ils offrent une excellente efficacité thermique et acoustique, améliorant le bien-être des utilisateurs. Le niveau d’inertie thermique des matériaux (isolants, bétons de chanvre ou de bois, structure bois) influence les besoins de chauffage et de rafraîchissement et donc les impacts liés aux consommations d’énergie. Rappelons que ces isolants présentent des capacités hygroscopiques en captant l’humidité. La plupart des isolants biosourcés sont lourds et denses. Cela leur accorde un déphasage plus long qui permet de ralentir les transferts de chaleur participant au confort d’été et à réduire les besoins en chauffage en hiver par une forte inertie.
6. Adopter un programme pluriannuel de travaux
Le site Plus fraîche ma ville, soutenu par l’Ademe, propose aux collectivités un outil d’aide à la décision pour tous types de projets : diagnostic, fiches techniques, retours d’expérience… Le Cerema accompagne également les collectivités locales à l’échelle macro pour produire un plan d’adaptation, ou à l’échelle du bâtiment avec des diagnostics express sur le confort d’été, ou des diagnostics plus élaborés pour des enjeux plus importants : modélisation, simulations thermiques dynamiques ou simulations solaires.
7. Opter pour la climatisation ou la ventilation en dernier recours
Il est également possible d’opter pour des solutions de refroidissement. La ventilation n’abaisse pas la température, mais rafraîchit autant qu’une baisse de 2 à 4 °C. Il faut un ventilateur au moins pour 15 m². La climatisation, d’un recours facile, consomme de l’énergie, représente un coût de maintenance supplémentaire… et augmente encore la température extérieure. Le free cooling, technique moins énergivore, fonctionne en introduisant une quantité d’air filtré provenant de l’extérieur à une température plus basse, tout en expulsant la chaleur interne de la pièce. Il peut pallier l’impossibilité de l’ouverture nocturne des fenêtres ou de l’installation d’un système de pilotage des ouvrants.
Carole Diart le 26 septembre 2024 - n°6 de La Lettre des Services Techniques
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